Energie et compétitivité
Dans un contexte de renchérissement prévisible de l’énergie au cours des vingt prochaines années, orienter l’effort d’innovation industrielle et l’offre de biens et services vers des technologies économes en énergie est une nécessité. Toutefois, une hausse des prix de l’énergie plus marquée en France que chez nos concurrents pénaliserait la compétitivité à court terme de l’industrie française. La sixième Note du CAE expose les termes de cet arbitrage.
A court terme, une hausse de 10 % des prix de l’électricité en France réduirait la valeur des exportations en moyenne de 1,9%, tandis qu’une même augmentation du prix du gaz la réduirait de 1,1 %. A plus long terme, cependant, il est important de ne pas masquer ce "signal prix" afin d’inciter les producteurs comme les consommateurs à investir dans l’ « économie verte ». Pour cela, il convient d’annoncer la hausse des prix de l’énergie, de manière crédible, afin que les agents économiques l’intègrent dans leurs calculs et réorientent leurs choix de consommation et de production. Afin de limiter les effets négatifs d’un renchérissement de l’énergie sur la compétitivité à court terme, la taxation supplémentaire de l’énergie devrait être utilisée pour réduire le coût du travail ; le rythme de déclassement des équipements nucléaires historiques, dont le coût au KWh est particulièrement performant, devrait être ajusté. Enfin, la tarification de de l’accès aux réseaux électriques devrait faire l’objet d’une harmonisation au niveau européen, en particulier pour les industries électro-intensives.
Agnès Bénassy-Quéré, Présidente déléguée du CAE